Appel à candidatures pour le PRIX COAL 2026

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En 2026, le Prix COAL invite les artistes à défendre la nuit, ce bien commun aujourd’hui menacé. Enjeu écologique vital pour la régénération du vivant, la nuit est un refuge, une célébration de la diversité des modes de vie et d’expression humains et autres qu’humains, qui appelle à un droit au repos et à l’opacité. Inventer des récits pour réapprendre à habiter l’ombre, faire œuvre avec la nuit, c’est contribuer à une écologie des rythmes…
Appel ouvert jusqu’au 28 avril !

Nous opposons le jour et la nuit alors qu’ils forment une même unité du vivant traversée par les contraires. Pour nous, êtres diurnes, si dépendants de la vue, la nuit commence souvent par une perte. Entre le crépuscule et l’aube, elle suspend le temps, voile le monde, oblige au retrait. Les évidences du jour se retirent, l’incertain affleure, et c’est peut-être pour cela qu’elle demeure le temps de la contemplation et du récit, là où, dans l’attente du jour prochain, le rêve et l’imaginaire se lèvent. La nuit décentre la souveraineté de l’image.

Mais la nuit recule, blanchie, colonisée par l’extension sans limite de lumières artificielles sur terre, en mer, dans le ciel, jusqu’à effacer de nos mémoires la Voie lactée. Le skyglow, halo de lumière artificielle, suspendu tel un dôme au-dessus des villes, se lit depuis l’espace. Hors des centres urbains, la multiplication de petites poches éclairées fragmente la nuit, coupe les continuités, transforme des corridors en impasses, tend des pièges mortels pour les oiseaux, les insectes et tant d’autres espèces désorientées par l’excès de lumière.

Depuis une trentaine d’années, le terme d’environnement nocturne s’impose pour nommer ce milieu vital menacé. Une majorité d’animaux vivent la nuit. Dans des paysages saturés de présences humaines, l’obscurité devient parfois le dernier intervalle où circuler sans être vu, sans être chassé de sa trajectoire. Elle ouvre des temps de migrations, d’accouplements, de pollinisations, de traversées. Le concept récent de trame noire dit parfaitement l’urgence de penser la nuit comme un réseau de continuités d’obscurité à préserver.

Les peuples de la nuit vivent dans un monde d’écoutes et d’olfactions où on se situe par rythmes, échos, aérosols, effluves. La nuit change la grammaire du monde. Même la flore change de diction. Certaines fleurs s’ouvrent la nuit et parfument l’air pour attirer des pollinisateurs spécifiques.

Elle est aussi un temps essentiel de régénération des organismes et des métabolismes, atelier discret où se redistribuent les énergies et équilibres, où se réparent des excès. La baisse nocturne des températures participe au refroidissement des sols et de l’atmosphère, favorise les cycles de l’eau. Le jour artificiellement prolongé fragilise ces fonctions. L’épuisement du monde tient aussi à la dérive d’un fonctionnement en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, qui nie l’alternance, consume les corps et les milieux. L’obscurité et le repos sont pourtant des nécessités vitales.

Pour reprendre l’expression d’Édouard Glissant, la nuit appelle un droit à l’opacité, qui reconnait l’importance de pouvoir se dérober aux impératifs de transparence et de visibilité. En politique, la nuit dit à la fois la veille et l’éclipse. Foyer d’accueil des résistances et des marginalités, elle est le temps choisi de celles et ceux qui tiennent quand le jour se ferme, nuits d’assemblées et de veillées – Nuit debout en est une image nette -. Mais elle peut désigner à l’inverse les temps sombres des pouvoirs totalitaires. C’est le paradoxe de la nuit, elle émancipe quand elle déplace l’horloge sociale pour ouvrir un espace commun, elle opprime quand elle obscurcit la pensée.

Le Prix COAL 2026 dédié à La Nuit invite les artistes à défendre la nuit comme un bien commun, un enjeu écologique majeur pour la régénération du vivant, un refuge, une diversité de langages à célébrer, et un droit au repos et à l’opacité. Inventer des récits pour réapprendre à habiter l’ombre, faire œuvre avec la nuit, c’est contribuer à une écologie des rythmes. Restaurer la peur de la nuit est un parfait antidote à l’anthropocentrisme, parce qu’elle nous oblige à l’humilité, en nous confrontant au ciel profond, à l’infiniment grand, à la démesure du cosmos.

CALENDRIER

  • Clôture de l’appel à projets : 28 avril 2026
  • Annonce des artistes nommé.e.s : été 2026
  • Annonce des lauréat.e.s : automne 202
  • Cérémonie de remise de Prix : automne 2026, à l’occasion de Sans Réserve, le rendez-vous de la création engagée pour l’écologie.

FONCTIONNEMENT

Dix artistes sont nommé.e.s pour leur projet soumis dans le cadre de cet appel à candidatures international, par un comité de sélection composé de professionnel.le.s. Le Prix COAL et ses mentions spéciales se voient décernés parmi ces dix projets par un jury composé de représentant.e.s des organismes partenaires et de personnalités de l’art et de l’écologie. En outre, toutes les candidatures considérées par COAL et le comité de sélection permettent de faire connaître des artistes et des projets qui pourront être sollicités ou promus selon les autres opportunités et actions menées par l’association et ses partenaires.

La composition du jury sera révélée cet été.

DOTATIONS

  • L’artiste lauréat.e du Prix COAL bénéficie d’une dotation de 12 000 euros et d’une résidence de création au cœur du Domaine de Belval, propriété de la Fondation François Sommer, animée par les équipes scientifiques et pédagogiques du musée de la Chasse et de la Nature et celles du Domaine de Belval. Véritable observatoire de la ruralité et de la vie sauvage, le domaine accueille chaque année des artistes sélectionné·es pour l’intérêt de leur contribution au renouvellement de la vision du rapport de l’humain à son environnement naturel.
  • L’artiste lauréat.e du Prix spécial du Jury bénéficie d’une dotation de 3 000 euros.
  • L’artiste lauréat.e de la mention Ateliers Médicis bénéficie d’une résidence à Clichy-sous-Bois/Montfermeil, en lien avec la forêt régionale de Bondy.
  • L’artiste lauréat·e de la mention Centre Wallonie- Bruxelles/Paris aka Le vaisseau, bénéficie d’une dotation de 2000 euros et sera invité à exposer au sein de l’institution parisienne.
  • L’artiste lauréat.e de la mention Nuits des Forêts bénéficie d’une dotation de 3000 euros pour une résidence de création dans une forêt partenaire.

CRITÈRES DE SÉLECTION

Sont pris en compte la valeur artistique, la pertinence au regard des enjeux, l’originalité (approches, thématiques ou angles de vue inédits), la pédagogie (capacité à faire passer un message, à sensibiliser), la démarche sociale et participative (engagement, témoignage, efficience, dynamique sociétale), l’éco-conception, la faisabilité des projets et la collaboration avec des acteurs de protection de la nature. Le Prix COAL apporte son soutien à des projets artistiques en cours de réalisation ou à venir. Sa dotation n’entend pas couvrir la totalité des frais de production du projet et doit être considérée comme une aide à son développement.

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